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Грамматика и лексика

Colère

Note préliminaire : On peut considérer qu'il y a la colère extériorisée, « parlante », qui se manifeste bruyamment, et la colère rentrée, ou froide, qui se manifeste par un emportement d'hostilité sans éclats.

La colère rentrée

avoir les boules

Eprouver une vive contrariété, être en colère sans le montrer. Appartient au langage des jeunes. Très usuel.

Quand il m'a annoncé que j'étais viré, j'ai eu les boules, je te le dis !

Jojo, il a vachement les boules depuis que sa meuf l'a quitté. (depuis que sa femme, ou sa copine, l'a quitté)

Dérivé foutre les boules Mettre en colère, contrarier, énerver :Arrête tes conneries, tu me fous les houles !

Remarque : Avoir les boules et plus encore foutre les boules peuvent être employés comme « avoir peur » et « faire peur ».

Moi, le tonnerre, quand ça pète très fort, ça me fout les boules.

Origine : Vers 1980. Par réfection d'avoir les glandes, peut-être à cause du geste qui accompagnait cette dernière expression : deux mains arrondies près du cou comme si elles tenaient chacune une « boule » de pétanque ! Il est probable que le sémantisme des « boules » (testicules) a dû influer à partir de formules elliptiques comme « Tu nous les gonfles ! ». Enfin, le croisement fortuit avec se mettre en boule, « se mettre en colère », explique peut-être que l'expression ait rapidement supplanté avoir les glandes.

avoir les glandes

Même sens, devenu beaucoup moins fréquent dans l'usage des jeunes et des moins jeunes.

Cet enfoiré m'a bousillé ma voiture! J'ai les glandes.

Origine : Vers 1970-75. Par symbolisme du cou qui « gonfle » sous l'effet de la colère, à l'image des ganglions enflés par certaines maladies, les oreillons par exemple. L'expression était toujours soulignée, à son origine, par un geste évocateur et explicatif (voir avoir les boules, origine). Probablement sous l'influence sémantique de gonfler.

gonfler

D'indisposer à exaspérer, en passant par fatiguer, agacer, irriter, etc. Très usuel.

Arrête de me gonfler! Je vais me mettre en colère ! (de m'agacer, de me titiller)

Sébastien, j'aime mieux pas le voir, il me gonfle ! (il m'exaspère, ou il me fatigue)

J'ai pas terminé mon problème, ça me gonfle ! (ça m'ennuie, me fatigue)

Remarque: Une variante tu me les gonfles fait une allusion aux testicules.

Dérivé gonflant Fatigant, exaspérant : Ton frère, il est gonflant comme c'est pas possible !

Un sens « amusant, drôle », d'usage occasionnel dans les années 1930-40, est totalement ignoré de nos jours.

Origine : Vers 1950. La personne en colère semble « enfler », peut-être à l'image d'un animal qui signale sa colère par le « gonflement » de son pelage : chien qui horripile ses poils, chat qui fait le gros dos, coq qui attaque, etc. (voir se mettre en boule, ci-dessus, dans avoir les boules, origine).

faire la gueule

Bouder, prendre un air maussade, renâcler, marquer silencieusement sa réprobation, son hostilité. Très fréquent, en particulier chez les jeunes.

Denise, si tu la préviens pas de ton arrivée, elle fait la gueule.

Réponds-moi ! Tu fais la gueule ou quoi ?

Depuis qu 'il m'a abîmé mon vélo, je lui fais la gueule.

S'emploie aussi réciproquement pour « être en mauvais termes, ne pas se parler » :

Georges et Nathalie se font la gueule depuis trois mois.

Remarque:  On dit aussi, mais plus rarement, tirer la gueule, qui exprime l'apparence d'un visage contrarié, aux traits « tirés ».

Origine : Fin 19e siècle. Hector France définit le sens : « Prendre des airs importants ou simplement ne pas paraître satisfait » (1907).

tirer la tronche Même chose que faire la gueule, surtout dans le langage des jeunes :

Joséphine, elle tire une tronche pas possible!  (elle ne parle à personne, elle a l'air triste et contrariée)

Le prof il a tiré une de ces tronches quand je lui ai dit que je revenais pas !

Origine:  Vers 1970. Par réfection de faire la gueule, ou tirer la gueule.

faire la tête

Forme adoucie, « polie », de faire la gueule. Appartient plutôt au langage féminin (mais pas uniquement) dans la mesure où une femme voudrait éviter de prononcer le mot gueule, jugé vulgaire :

Rosine me fait la tête depuis ce matin !

Origine : Vers 1920. Euphémisme de faire la gueule, peut-être sous l'influence de faire sa fête (aujourd'hui : « avoir mauvais caractère, être buté »). Hector France donne faire sa tête : « Prendre des airs importants, faire le glorieux » (1907).

La colère extériorisée

être furax

Forme familière très courante d'« être furieux, furieuse ». Il s'agit généralement d'une colère exprimée par des cris :

Personne n 'avait rendu sa feuille, le prof était furax !

Origine : Début 20e siècle. Jacques Cellard suppose avec pertinence une origine dans l'argot latinisant des collèges : « Le latin furax, voleur, bandit, est sans rapport étymologique avec furieux. Mais les deux mots sont voisins, et la finale latine se prête bien à l'expression de la colère ou de la violence » (DFNC).

se mettre en pétard

Se mettre (ou être) en colère, avec l'idée que l'on se fâche bruyamment :

Ah mon vieux ! Sa famille s'est mise en pétard, il n 'a pas pu prendre le train !

Origine : Vers 1920. Sous l'influence du pétard, «bruit, vacarme». G. Esnault relève une chanson d'août 1830 (faisant allusion aux barricades de juillet) : « [Raguse tremblait] devant leur pétard», qu'il traduit par « colère », mais le sens de « bruit » paraît dominant, comme dans la dispute (bruyante) qu'il relève en 1869. De fait, être en pétard pour « être en colère » ne paraît pas antérieur aux années 1920. H. France ne relève pas ce sens.

pousser une gueulante (ou beuglante) Se fâcher brusquement et fort. Variante moderne et à la mode de pousser un coup de gueule:

Là, les mômes devenaient insupportables, j'ai été obligée de pousser une gueulante !

De temps en temps le directeur pousse une beuglante, et puis il se calme et on a la paix.

Origine:  Années 1930. De gueuler, par substantivation humoristique, comme la parlante pour un jeu de cartes où l'on a le droit de parler, etc.

être en maudit

Etre en colère. Usuel au Québec, familier à très familier.

Il est en maudit contre moi !

Il existe toutes sortes de déclinaisons plus ou moins grossières et plus ou moins usuelles :

être en fusil, en hostie, en sacrament, en tabarnac, en tabarouette, en calvaire, en crisse, en hérode, en torrieu, en mautadimme, etc.

 

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